G comme gender
© Nicolas Jenkins : New York Story

G comme gender

MOVING_IMAGE interprète la septième lettre de l'abécédaire.

Un abécédaire d'œuvres vidéos, filmiques et multimédias...

Chaque mois, Moving_image propose un éclairage critique et prospectif sur ce domaine aux frontières mouvantes, où convergent à la fois un questionnement esthétique, social et politique de notre époque, et des enjeux liés à l’évolution des modes de production et de diffusion. Transversales et ouvertes, les séances se déroulent en présence d'artistes invités qui parlent de leur travail et de leurs recherches, ainsi que d'intervenants chroniqueurs qui apportent un regard singulier ou décalé sur la séance.

La forme de chaque séance est elle-même questionnée, redéfinie avec les artistes présentés, afin d'explorer d’autres possibilités de relations avec le public présent ou en ligne, la possibilité d’autres modes de réception et d’expérience collective des œuvres.

Un cycle proposé par Nathalie Hénon et Jean-François Rettig.

Pour cette séance, Moving_image vous propose de découvrir le regard et le questionnement d'artistes autour des notions de genre et d'identité. Marina Abramovic et Ulay sont nus à l’entrée d’un musée et se font face. Pour entrer dans l’exposition, les visiteurs doivent passer entre eux deux, ainsi confrontés à leur nudité.  Jakob Gautel réalise un autoportrait à partir de centaines de photos où il porte différents vêtements, du costume d’Adam au costard-cravate, du sarong indonésien au manteau d’hiver, des tenues les plus publiques aux tenues les plus privées. Ane Lan incarne à la fois le peintre et son modèle, interroge la représentation féminine et le regard de l´homme dans la peinture classique. Cabello/Carceller déconstruisent l'idéal masculin de l'anti-héros, ici interprété par une femme philippine, et le/la place dans les lieux originaux du film « Apocalypse Now », tourné en 1970 par Francis Ford Coppola aux Philippines et non au Vietnam, examinant ainsi les processus d’identité de cette période postcoloniale. Erik Moskowitz, Amanda Trager  dressent le portrait fantasque d’un couple-artiste, répondant à une invitation à « décrire la voix queer ». Nicolas Jenkins filme Genesis P-Orridge et sa partenaire Lady Jaye au moment d'opérations de chirurgies plastiques visant à éliminer leurs différences physiques. Mariah Garnett adapte 3 scènes d’une pièce interdite de Fassbinder. Un couple, la prostituée et son maquereau, se dispute à propos d’argent. Les rôles sont tenus par l’artiste et sa demi-sœur. Zackary Drucker postule la beauté et la peur comme éléments indissociables des paysages américains. Des moments contemplatifs sont ponctués par des fragments de récits de chasse aux sorcières, de crimes et de violences psychologiques. Juliette Bineau filme une utopie androgyne, décline l’union et la séparation sous forme de diptyque.

Programme

Marina Abramovic & Ulay : Imponderabilia (vidéo, noir et blanc, 9’50’’, Serbe/Italie, 1977)
Jakob Gautel : Personae (vidéo, couleur, 2’, Allemagne/France, 2008)
Ane Lan : Vesta (vidéo, couleur, 6’13’’, Norvège, 2006)
Cabello/Carceller : After Apocalypse Now: Martin Sheen - The Soldier (vidéo, couleur, 9’54’’, Espagne, 2007)
Erik Moskowitz, Amanda Trager : Queer Voice (fiction exp., couleur, 5’12’’, USA, 2010)
Nicolas Jenkins : New York Story (documentaire exp., couleur, 7’, USA, 2007)
Mariah Garnett : Garbage, The City, And Death (vidéo, couleur, 7’31’’, USA, 2010)
Zackary Drucker : Lost Lake (fiction exp., couleur, 8’, USA, 2010)
Juliette Bineau : Pleura vidéo, couleur, 9’20’’, France/Brésil, 2011)

En présence de Jakob Gautel et de Juliette Bineau.

Au programme

Marina Abramovic & Ulay : Imponderabilia
Vidéo, noir et blanc, 9’50’’, Serbe/Italie, 1977

Les deux artistes étaient situés à l’entrée d’un musée. Ils étaient tous les deux nus, face à face, chacun à un mur de l’entrée. L’espace vide entre les deux artistes représente le lieu de performance. Pour entrer dans le musée, les visiteurs devaient passer entre eux deux, et ainsi être confrontés à leur nudité. Ce qui était essentiel était de voir le comportement du public. Chacun réagissait de manière différente face à la situation. Certains détournaient la tête, d’autres s’appuyaient sur les épaules des artistes… Au mur de l’exposition, on pouvait lire le texte : “Impondérable. De tels facteurs humain impondérables comme la sensibilité esthétique de chacun / l’importance primordiale des impondérables dans la détermination de la conduite humaine” . Il s’adresse à l’observateur en tant que protagoniste de la performance et pour qui la possibilité d’observation directe est souvent dissimulée.

Marina Abramovic est une pionnière en matière de performance artistique. Connue pour ses mises en scène convoquant fréquemment la nudité et la privation comme modes d’expression corporelle dans lesquelles le corps est à la fois son sujet et son instrument, elle est l’une des rares artistes de sa génération à être encore active dans ce domaine. Ses premières performances étaient une forme de rébellion contre son enfance stricte avec des parents partisans de Tito, et contre la culture répressive dans la Yougoslavie de cette époque. Faisant partie du courant artistique de l’art corporel, elle met son corps à l’épreuve à travers ses performances en utilisant des médicaments, des objets dangereux ou autres. En 1974, elle réalise une performance qui consiste à enrouler un python autour de sa tête comme un turban et à se coucher au centre d’une étoile de flammes. Plus tard, la performance Thomas Lips consistera à se tailler la même étoile sur le ventre à l’aide d’une lame de rasoir. Ces œuvres étaient en quelque sorte un moyen de purifier son corps et de se libérer. Elles étaient parfois si dangereuses que le seul moyen d’atteindre l’accomplissement final était lorsque l’une des personnes de l’assistance intervenait ou lorsque Marina Abramovic perdait conscience. Marina Abramovic se consacre aussi à l'enseignement. De 1973 à 1975, elle donne des cours à l'Académie des Beaux-Arts de Novi Sad. En 1990/91, elle est professeure invitée à l'Ecole des Beaux-Arts de Berlin et à l'Académie des Beaux-Arts de Paris. En 1992, elle a une chaire à l'Académie des Beaux-Arts de Hambourg. Elle vit et travaille à Amsterdam.


Jakob Gautel : Personae
Vidéo, couleur, 2’, Allemagne/France, 2008

Autoportrait sous forme de diaporama, à partir de centaines de photos montrant l’artiste en pied, portant différents habits et vêtements, du costume d’Adam au costard-cravate, du sarong indonésien au manteau d’hiver, des tenues les plus publiques aux tenues les plus privées, du passe-partout à l’excentrique. Sur chacune des photos un vêtement ou accessoire est changé, et les images s’enchainent comment un cadavre exquis. Ces photos défilent à la vitesse d’une vidéo, créant une sorte d’image générique. 

Jakob Gautel est né en 1965 à Karlsruhe en Allemagne, il vit et travaille à Paris. Il étudie à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, où il travaille le dessin, les arts graphiques, la photographie, et des démarches d’installation avec Christian Boltanski. Depuis 2001 il est aussi enseignant en école d’architecture, d’abord à Versailles puis à La Villette, en premier cycle et en cycle de mastère « Art, scénographie et architecture ». En 2008 il est nommé Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. Il travaille avec la photo, la vidéo, l’installation, les projections, le livre. Le fil conducteur de son travail n’est pas une technique ou un sujet, mais une recherche à la lisière entre réalité et fiction. Il participe à de nombreuses expositions en France et à l’étranger dans des galeries, musées et centres d’art, espaces d’artistes et biennales d’art. Lauréat de la Villa Médicis - Académie de France à Rome, son travail a notamment été exposé aux Rencontres internationales de la photographie d’Arles, à la Maison Européenne de la Photographie à Paris, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, lors de Nuit Blanche ainsi qu’au Centre Pompidou et à la Cinémathèque Espagnole dans le cadre des Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid.

Ane Lan : Vesta
Vidéo, couleur, 6’13’’, Norvège, 2006

Entre les flammes brûlantes de Vesta, plusieurs "Vierges Vestales" posent des questions sur les vertus de la pureté et sur la condition passée et actuelle de l'apparence féminine. Ane Lan, qui incarne à la fois le peintre et son modèle, interroge la représentation féminine et le regard de l´homme dans la peinture classique.

Ane Lan est né à Oslo en Norvège en 1972. Il a obtenu son diplôme en 2002 au National College of Art and Design d’Oslo. Il travaille dans le domaine de la performance, de la musique, du film et de la vidéo. Il a participé à de nombreuses expositions internationales, notamment au Whitney Museum of American Art de New York, à la 51e Biennale de Venise, au Paco das Artes de Sao Paolo, à la 10e Biennale d’Istanbul, à la Kunsthalle de Basel, ainsi qu’au Musée national Reina Sofia, au Jeu de Paume et au Centre Pompidou dans le cadre des Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid.


Cabello/Carceller : After Apocalypse Now: Martin Sheen (The Soldier)
Vidéo, couleur, 9’54’’, Espagne, 2007

Ce film déconstruit l'idéal masculin de l'anti-héros, ici interprété par une femme philippine, et le/la place dans les lieux originaux du film « Apocalypse Now ». Le film examine ainsi les problèmes et les contradictions présents dans les processus d’identité de la période post-coloniale. Dans les années 1970, Francis Ford Coppola avait choisi les paysages philippins comme arrière-plan idéal pour son célèbre film. Ces paysages ont été utilisés pour représenter d'autres pays d'Asie comme le Vietnam ou le Cambodge, et ont été convertis en un scénario ayant fonction de représentation de l’image occidentale de l'exotisme asiatique. À la fin, les Philippines sont transformées en un non-lieu oriental et leur identité passe inaperçue. « Mon film n'est pas sur le Vietnam. Il est le Vietnam », avait déclaré Coppola lors de la présentation du film.

Cabello/Carceller (Helena Cabello and Ana Carceller) vivent et travaillent à Madrid. Elles s’intéressent d’abord aux questions de (dé)construction du genre et à leur rapport avec l’espace et le cinéma en tant que contextes dans lesquels sont construits les modèles de comportement et de régulation du regard. Cabello/Carceller travaillent ensemble depuis 1993. Ces dernières-années, leur travail a été présenté dans des expositions collectives notamment au Musée d’art moderne de Moscou, à la 4e Biennale de Bucarest, au Kulturhuset de Stockholm, au Stenersen Museum d’Oslo, au Casino Luxembourg centre d’art contemporain et au Brooklyn Museum à New York. Leur travail a té programmé par les Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid en 2008, 2009 et 2012.


Erik Moskowitz, Amanda Trager : Queer Voice 
Fiction exp., couleur, 5’12’’, USA, 2010

Les artistes Erik Moskowitz et Amanda Trager ont créé cette vidéo, le portrait fantasque d’un couple-artiste, en réponse à une invitation à « décrire la voix queer ». Les tensions entre narration conventionnelle et conceptuelle sont mises en mouvement dans cette réalisation audiovisuelle pouvant aussi bien être projeté en salle qu’être présenté sous forme d’installation. Une auto-détermination est possible ? Quelle est la relation entre désir et libre-arbitre ? Certaines parties de la vidéo présentent des personnages dont les voix font défauts, remplacées par des chansons doublées dans un style ventriloque. La piste de la voix, que les artistes ont composée et performée, relie les identités dans un mouvement utopique tout en touchant les plus sombres désirs de contrôle et de manipulation. Leurs collisions et leurs harmonies en tant qu’artistes mariés et collaborant (sa propre utopie, contre-utopie)  donnent l’essence de la forme-même de leur dialectique narrative. En assumant les rôles de protagonistes en se jouant eux-mêmes, ils parcourent les dilemmes de la société qui émergent des ontologies du quotidien. 

Erik Moskowitz et Amanda Trager vivent et travaillent à New York et au Canada. Moskowitz utilise la relation entre le cinéma et l’espace de la galerie comme point de départ pour l’installation et les films. Trager fait fusionner peinture, sculpture et installations, dans des récits en prose à la première personne. Leur travail souligne un intérêt commun pour les récits fragmentés ou anti-narratifs.
Les travaux issus de leur collaboration ont été exposés et montrés à travers le monde et notamment dans le cadre des Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid au Centre Pompidou, au Jeu de Paume, au Musée national Reina Sofia et à la Haus der Kulturen der Welt; à Participant, Inc. et à la galerie 303 à New York (2009). Leurs films ont été sélectionnés notamment au Festival International du Film de Rotterdam et au Festival IndieLisboa. Ils ont participé à des résidences au Montalvo Arts Center (2006) et au headlands Center for the Arts (2011), en Californie et ont reçu différentes bourses comme le NYFA Fellowship in Video (2008) et le NYSCA Distribution Grant (2009).

Nicolas Jenkins : New York Story 
Documentaire exp., couleur, 7’, USA, 2007

Breyer P-Orridge, aka Genesis P-Orridge et sa partenaire Lady Jaye, ont poursuivit pendant plusieurs années un ensemble d'opérations de chirurgies plastiques afin d'éliminer leurs différences physiques. "Un des thèmes central de notre travail est la malléabilité de l'identité physique et comportementale," expliquent-ils en clamant leurs identités fusionnées. Les deux artistes souahitent ainsi créer un nouveau sexe, le pandrogyne, une identité hermaphrodite appelée Breyer P-Orridge. Lady Jaye est décédée en 2007.

Nicolas Jenkins est un artiste vidéaste vivant à New York. Il a été pionnier des soirées underground à Montréal et a passé une majeure partie de sa vie à voyager. Né au Pérou, il a vécu sur 6 des 7 continents avant même d’avoir fini l’école. Ses films et vidéos ont été montrés en Europe et en Amérique du nord. La pièce vidéo « The Bridge » fait partie de la collection permanente de la National Gallery of Canada. Son travail vidéo a été diffusé sur PBS, et projeté au Centre Pompidou dans le cadre des Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid. Il a collaboré avec Genesis P-Orridge et PSYCHIC TV, ainsi qu’avec le chorégraphe Meu-Yin NG.


Mariah Garnett : Garbage, The City, And Death 
Vidéo, couleur, 7’31’’, USA, 2010

« Garbage, The City, And Death » est composé de trois scènes reprises de la pièce homonyme de Fassbinder, interdite en Allemagne en 1985. Cette adaptation reprend les scènes entre Roma, la prostituée, et Franz, son petit-ami et maquereau. Maria Garnett joue Franz et sa demi-sœur joue Roma. Le couple se dispute à propos de problèmes d’argent, son amour à elle pour lui et son dégoût général à lui pour elle, produit par son homosexualité latente. Le projet est né des retrouvailles durant un long mois entre les deux sœurs qui s’étaient perdues de vue et qui n’ont pas grandi ensemble. Maria Garnett utilise le texte de Fassbinder comme le moyen d’explorer le concept d’une relation fraternelle qui n’existe pas dans sa relation réelle avec sa sœur. La rivalité entre sœurs est ici voilée par la querelle des amants. A mesure que la relation entre Franz et Roma se détériore, leur environnement se dissout et progressivement devient plus intangible. Ils finissent dans un vide, engloutis dans la nuit noire, alors qu’ils sont désespérément attirés l’un par l’autre, malgré le dédain évident de Franz pour Roma et son désir de la quitter.

Maria Garnett est une réalisatrice expérimentale et artiste, elle vit et travaille à Los Angeles. Son œuvre cherche à occuper un espace entre convention et expérimentation, ou plutôt à expérimenter avec les conventions. Les limites de l’adaptation, du documentaire et de la fiction sont continuellement dessinées et redessinées dans son travail.  Garnett a obtenu un MFA en Film/Vidéo à California Institute of the Arts, et un BA en Civilisation Américaine à la Brown University. Son travail a diffusé et exposé internationalement, notamment à la 54e Biennale de Venise - Pavillon Suisse Off-Site, aux Rencontres Internationales Paris/Madrid/Berlin, Outfest (Los Angeles), Midway Contemporary Art (Minneapolis), Mix Nys Girl Monster (Hambourg). En 2011, la galerie Human Resources présente une exposition monographique de son œuvre intitulée « Encounters I May or May Not Have Had With Peter Berlin ». Son travail a été présenté dans différents expositions collectives, notamment à la Acuna Hansen Gallery (Los Angeles), au Montehermoso Cultural Center (Vittoria, Spain), et à la Workspace Gallery (Los Angeles). Elle a collaboré avec les artistes Guillermo Gomez-Pena, Zackary Drucker, A.L. Steiner and Chiara Giovando.

Zackary Drucker : Lost Lake 
Fiction exp., couleur, 8’, USA, 2010

Filmé à l’acmé des feuillages chatoyants de l’automne, dans une petite localité rurale du Midwest des Etats-Unis, ce film court non narratif postule que la beauté et la peur sont inextricables de la psyche du paysage américain. Des moments contemplatifs et de magnifiques panoramas sont ponctués de façon discordante par des fragments de récits de chasses aux sorcières, de crimes de haine, et de violences psychologiques.
    
Disciple d’une communauté ghettoïsée et réduite au silence, Zackary Drucker, jeune artiste/performeuse transgenre de Los Angeles, utilise tout un ensemble de dispositifs créatifs qui interroge l’identité corporelle, la sienne et celle des autres, infusant de manière obsessionnelle les media visuels – photographies, vidéos et performances – avec des compulsions émotionnelles aiguës et masochistes. Concevoir, découvrir, et se manifester soi-même comme « une femme dans le mauvais monde », son travail est enraciné dans la culture et l’enquête des aspects peu reconnus de l’histoire transgenre, se plaçant elle-même dans cette histoire, et en communiquant son expérience contemporaine du genre et de la sexualité. Son travail réinvente et redistribue les relations spectacle-spectateur, domestiqué-"exoticisé", dominant-assujetti. Intéressée par la suppression des obstacles du langage, par la pulvérisation des troubles de l’identité et par le questionnement des strates sombres de l’inconscient, Drucker désarme son public et utilise son corps pour rendre illicite la honte du désir, du jugement et du voyeurisme de son spectateur.  Zackary Drucker a obtenu un MFA du California Institute of the Arts en 2007, et un BFA de la School of Visual Arts en 2005. Elle a montré son travail dans de nombreux musées, galeries et festivals à travers le monde notamment à la 54e Biennale de Venise - Pavillon Suisse Off-Site, Curtat Tunnel à Lausanne, en Suisse, L.U.C.C.A. Museum of Contemporary Art à Lucca en Italie, les Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid, Yerba Buena Center for the Arts à San Francisco, Deitch Projects et Invisible Exports à New York. A Los Angeles, ses performances, films et vidéos ont été montrés au Hammer Museum, à REDCAT, au LACE Los Angeles Contemporary Exhibitions, au Luis De Jesus Los Angeles Gallery, au Steve Turner Contemporary Art Centre. 


Juliette Bineau : Pleura 
Vidéo, couleur, 9’20’’, France/Brésil, 2011

« Dieu… prit un de ses "pleura" (côte ou côté), l’édifia pour en faire une femme et l’amena à Adam… ». Utopie androgyne et cannibale, la vidéo "Pleura" décline l’union et la séparation des amants.  Diptyque : 1. Dans l’ascenseur de verre, nulle part au milieu du dehors, s’élevant au-dessus d’un jardin inaccessible, un homme et une femme sont tues de pensées inavouables. 2. Ils s’enfoncent dans une forêt suintante, c’est après la chute, ils sont couverts de boue ou peints pour un rituel cannibale. Défloraison androgyne, ils dansent entre les branches, rognent un phallus reptilien...

Juliette Bineau est née en 1974. Elle étudie aux Beaux Arts de Rennes et suit l’enseignement de théâtre de Didier George Gabily, ce qui la mène à être un temps comédienne et metteur en scène. Elle est aujourd’hui musicienne (batteuse du groupe de free noise psychédélique Minitel), vidéaste et performeuse. Depuis quelques années elle s’intéresse particulièrement au remake comme moyen de revisiter et de s’approprier de grandes formes cinématographiques, de remettre en jeu dans ses films des questions de théâtre (la répétition, l’interprétation d’une œuvre). Elle réalise « Gertrud » d’après le « Gertrud » de Carl Th. Dreyer. Ce projet a été soutenu par la DRAC Île-de-France (Bourse individuelle à la création 2008) et est montré à la Fémis par le collectif PointLignePlan, au centre Culturel de la Récolta de Buenos Aires, au Festival International du Film de Rotterdam, à la Cinémathèque Française, au Palais de Tokyo… En 2009, elle réalise « La Tête » d’après « Apportez-moi la tête de SamPeckinpah » : Un road movie argentin, dans le cadre d’une résidence de Cultures-France, avec le soutien du dispositif Image-mouvement.

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