L comme Lumière
© Carlos Irijalba, extrait de "Inertia"

L comme Lumière

Pour la douzième lettre de son abécédaire, MOVING_IMAGE explore une dimension essentielle du dispositif audiovisuel et des images en mouvement : la lumière.

Chaque mois, MOVING_IMAGE propose un éclairage critique et prospectif sur ce domaine aux frontières mouvantes, où convergent à la fois un questionnement esthétique, social et politique de notre époque, et des enjeux liés à l’évolution des modes de production et de diffusion. Transversales et ouvertes, les séances se déroulent en présence d'artistes invités qui parlent de leur travail et de leurs recherches, ainsi que d'intervenants qui apportent un regard singulier sur la séance.

Un cycle proposé par Nathalie Hénon et Jean-François Rettig.

Pour la douzième lettre de son abécédaire, MOVING_IMAGE explore une dimension essentielle du dispositif audiovisuel et des images en mouvement, la lumière, à travers 9 films et vidéos rares entre cinéma et art contemporain. Envisagée comme matériau même du film, ou comme condition de la représentation, les œuvres de cette séance interrogent le paradoxe de notre perception.

László Moholy-Nagy : Lichtspiel Schwarz-Weiss-Grau

Film exp., noir et blanc, 5' 30'’, USA, 1930

"Lichtspiel Schwarz-Weiss-Grau" (Jeu de lumière noir-blanc-gris) est une œuvre majeure de l’artiste hongrois László Moholy-Nagy, directeur du Bauhaus de 1928 à sa fermeture en 1933. Réalisée en 1930, il s’agit de l’œuvre la plus fidèle à l’abstraction prônée dans ses écrits. "Mouvements, grilles étranges qui se déplacent. Filtres ivres, barreaux. Regards jetés par de petites ouvertures; diaphragmes automatiques. Eclair lumineux, mouvant, aveuglant. Spirales tournoyantes, qui toujours reviennent. Toutes les formes solides se dissolvent en lumière." L. M.-N. scénario de Lichtspiel Schwarz-Weiss-Grau, in Vision in motion (1947).

Robert Todd : Rayning

Film exp., noir et blanc, 6', USA, 2010

"Rayning" interroge la lumière comme élément constitutif du film et de l’acte de filmer. Entre images documentaires et abstraction, la lumière devient le matériau même du film. Elle rayonne, tombe en pluie, règne sur un rêve de tranquillité qui s’épaissit, s’assombrit et s’évapore.

Robert Todd vit et travaille aux Etats-Unis. Ses œuvres courtes résistent à la catégorisation. Ses films ont été notamment projetés au Festival international du film de San Francisco, au Festival international du film de Rotterdam et au New York Film Festival. 

Elena Näsänen : Night

Vidéo, couleur, 6'40'', Finlande, 2007

Une femme sort d'une maison solitaire dans la nuit. Elle suit un chemin étroit, marche dans les bois. L'obscurité l’entoure. Elle s’enfonce à travers les branches, de plus en plus profondément dans la forêt. "Night" ressemble à un extrait de film de suspense, dans lequel le rêve et la réalité s’entrecroisent.

Elena Näsänen a étudié à l'Académie des Beaux-Arts d'Helsinki et à la Slade School of Fine Art de Londres. Entre le cinéma et vidéo, son travail a été exposé notamment à la Tate Modern à Londres, au Musée d’art contemporain Kiasma à Helsinki  et au ZKM de Karlsruhe.

Alberto de Michele : I Lupi (The wolves)

Fiction exp., couleur, 17', Italie, 2009

Les protagonistes de ce film sont des malfrats âgés de 40 à 70 ans originaires du nord de l’Italie surnommés "I Lupi" (Les loups). Ils ne volent que les nuits de brouillard. Invisibles, ils volent des maisons, des banques, des bijoutiers, des camions, tout ce qu’il est possible de voler…

Alberto de Michele a étudié à la Rietveld Academy d’Amsterdam. Son travail est à mi-chemin entre la (pulp) fiction et le fait (ordinaire). Il a été exposé notamment au Netherlands Media Art Institute Montevideo, à la Kunsthal de Rotterdam, au De Appel arts centre d’Amsterdam

Anne Katrine Senstad : The Locker Plant Projections

Vidéo, couleur, 8'21'', Norvège / USA, 2011

Un bâtiment conçu par l’artiste minimaliste Donald Judd à Marfa, au Texas - The Locker Plant, est le support de projections de lumières colorées. La forme archétypale du bâtiment, les passants et l’environnement alentour se mêlent aux intensités lumineuses et aux mouvements de couleurs. Nous faisons l’expérience d’un niveau supplémentaire de réalité, d’une relation différente à l’espace et au temps.

Anne Katrine Senstad vit et travaille à New York. Elle travaille avec la lumière, l’installation, la photographie, la vidéo. Diplômée de la Parsons School of Design et de la New School for Social Research de New York, elle a été exposé notamment au Zendai MoMA Shanghai, au Centre Pompidou dans le cadre des Rencontres Internationales, à la 55e Biennale de Venise.

Carlos Irijalba : Inertia

Vidéo, couleur, 4'20'', Espagne, 2012

"Inertia" interroge l'unité indivisible du dispositif audiovisuel et de son matériau premier, la lumière, dont le mouvement nous arrache du réel et construit une représentation. Dans cette vidéo, le présent tend à disparaître dans un mouvement continu, ce qui survient alors est une absence.

Carlos Irijalba a étudié à UDK à Berlin, et a été résident à la Rijksakademie à Amsterdam. Il a reçu le Prix Revelation PhotoEspaña et la bourse Guggenheim Bilbao Photography. Son travail a été exposé notamment au CCCB Barcelona et au LMCC New York. 

Lingjie Wang, Jingfang Hao : Flotter dans le noir

Vidéo, couleur, 6'23'', Chine / Mali, 2011

"Flotter dans le noir" a été tournée en 2011 à Bamako au Mali. Par manque d’éclairage public, le paysage de la rue ne nous est plus familier. Les maisons, les surfaces, les déchets, les plantes, jusqu’aux vêtements des passants, tout se fond dans le noir. Nous ne voyons que les lumières et les ombres, les images qui s’en échappent.

Wang Lingjie vit et travaille entre la Lorraine et Shanghai. Après des études d’ingénieur en conception industrielle en Chine, il reprend un cursus artistique en France. Son travail a été exposé et projeté notamment au Palais de Tokyo dans le cadre des Rencontres Internationales, au Centre National de l'Audiovisuel du Luxembourg, au Centre Pompidou Metz.

Laura Kraning : Vineland

Doc. expérimental, couleur, 10'15'', USA, 2009

Avec "Vineland" nous découvrons le dernier cinéma drive-in de Los Angeles, situé dans une zone périphérique à l’abandon. Des images hollywoodiennes de fin du monde flottent entre cheminées, tours lumineuses et trains qui passent. Le paysage nocturne est vu comme une zone frontière lumineuse où les illusions révèlent une réalité, où se croient nostalgie et aliénation.

Laura Kraning vit et travaille à Los Angeles. Son travail explore les frontières entre documentaire et film expérimental. Ses films ont été projetés notamment à la National Gallery of Art de Los Angeles, au LA Filmforum, au Festival international du film d’Edinburgh. 

Devin Horan : Boundary

Doc. expérimental, couleur, 16'46'', USA / Lettonie, 2009

"Boundary" a été réalisé au sein d’une communauté isolée, dans un paysage reculé près de la frontière russe. Le film évoque un espace d’ambiguïté, une psycho-géographie, une absence d’histoires personnelles. C’est le premier épisode d’une tétralogie basée sur la phrase de Sadeq Hedayat: « Dans la vie, il est possible de devenir un ange, un humain ou un animal. Je ne suis devenu aucune de ces choses. »

Devin Horan vit et travaille aux Etats-Unis. Diplômé en Histoire de l’art de la Columbia University à New York, ses films ont été projetés dans de nombreux festivals et musées à travers le monde, notamment au Film international du film de Venise et au Festival international du film de Rotterdam.

Screenings

Retour à Kotelnitch

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d'Emmanuel Carrère

En présence du réalisateur

Une expérience cinématographique intense, et premier film de l'écrivain Emmanuel Carrère, qui nous plonge au cœur de Kotelnitch, au fin fond de la Russie.

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Monstres, mutants, cyborgs, chiens, hommes, bienvenus !

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Rétrospective de films de Nathalie Magnan

Computer Grrrls - Week-end_04 : Renouveau des technoféminismes

Parce que l'exposition "Computer Grrrls" est dédiée à Nathalie Magnan, pionnière du média-activisme et du cyberféminisme, cette séance propose de (re)découvrir quatre de ses films, ainsi qu'un entretien filmé.

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Paris Stalingrad

Paris Stalingrad

de Hind Meddeb, co-réalisé par Thim Naccache

Le Tour du jour #42 - En présence de l'équipe du film

Eté 2016. Des personnes réfugiées campent dans le quartier Stalingrad, à Paris, dans l'attente de régulariser leur situation. Hind Meddeb suit leur combat, leurs espoirs et leurs doutes. Comment faire lieu, faire collectif, comment habiter un espace qui empêche d’exister ?

  • Wednesday 26 June 2019 at 19h15