Imagespointnet : Virusland

Film et performance - 1ère mondiale

Par Pierre Cassou-Noguès & Gwenola Wagon

Imagespointnet : Virusland

Projection de VIRUSLAND 2020 (50’)


Le film Virusland 2020 documente une année de pandémie et l’émergence d’une nouvelle forme de vie, qui transforme nos habitudes, nos gestes et nos visages.
À la télévision, les chefs d'État déclarent la guerre à un ennemi invisible. Les centres-villes se vident et, dans les rues désertes, des chiens errants poursuivent des drones bavards : Rentrez chez vous, crient-ils. Les scientifiques étudient la longueur de parcours des postillons des éternuements. Les prêcheurs exorcisent le virus et le renvoient en enfer. Dans les aéroports, les rares passagers portent des casques filtrants et des combinaisons en plastique bleu. Les compétitions sportives basculent en visio-conférence. Des épidémiologistes envahissent les plateaux télé, pendant que les complotistes remontent le film de la réalité.
Nous avons été rattrapés par le confinement au bout du monde. Nous regardons les images qui circulent et tenons une chronique. Les virus de Virusland sont à la fois biologiques et informationnels. Ils ont reconfiguré nos relations les uns aux autres et le rapport de chacun de nous à son corps, touché aussi la sphère mentale, déplacé ce que nous considérons comme normal et anormal, moral et immoral.

Ce sont douze épisodes comme les douze mois de l’année, pour revenir toujours à la même plage qui s’intercale entre les images.
 
 
Suivi de :

RETOUR À VIRUSLAND (Performance, 25’)


Les deux réalisateurs se disputent en direct sur le montage de leur film. Ils ont chacun des remords mais ce ne sont pas les mêmes. Ils proposent d’autres séquences, et d’autres futurs possibles. Manipulant les images, ils agissent comme des complotistes. Ce sont pourtant des complotistes sans complot. Ils ne veulent pas établir une autre réalité, ni rétablir la réalité mais en montrer l’étrangeté. Comme ils ne veulent pas qu’on les reconnaissent, ils utilisent des filtres qui les transforment en des personnages fictifs, des archétypes peut-être des voix qui les ont traversés au cours de ce travail.
 
 
 

Avec :

 
  • Pierre Cassou-Noguès est philosophe, écrivain et professeur au département de philosophie de l’université Paris 8. Son travail, à l’entrecroisement entre fiction et théorie, porte sur les relations entre imaginaires et spéculations. Il a notamment publié Les démons de Gödel (Points-Seuil), Les rêves cybernétiques de Norbert Wiener (Seuil) ou Technofictions (Cerf, 2019) . Virusland (Cerf, 2020) interroge dans un texte sous forme de journal la part d’imaginaire qui informe la viralité ambiante. Son dernier essai, La Bienveillance des machines - Comment le numérique nous transforme à notre insu vient de paraître au Seuil. Il a co-réalisé en 2020 avec Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin la série Bienvenue à Erewhon
 
  • Gwenola Wagon est une enseignante-chercheuse et artiste française. Elle enseigne à l'université Paris 8 à Saint-Denis. En parallèle de son travail universitaire portant notamment sur les relations entre le numérique et le monde physique, elle réalise une production artistique composée de films, d'œuvres interactives, d'installations, de performances et de livres.

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