Lanceurs d'alerte
©Vinciane Lebrun-Verguethen / Voyez-vous

Lanceurs d'alerte

parcours d'installations

Du 11 au 29 janvier, la Gaîté Lyrique présente un parcours d'installations autour de la figure contemporaine des lanceurs d'alertes, héros ou citoyens ordinaires.

Entrez dans la chambre de Julien Assange, fondateur de Wikileaks, recréée par les berlinois de !Mediengruppe Bitnik, appelez les espions du renseignement depuis les cabines téléphoniques du collectif allemand Peng!, ouvrez les boîtes noires avec l’artiste grecque Danae Stratou, découvrez la collection de danse post-internet de (LA)HORDE.

Dans le cadre de son oeuvre collaborative Black Boxes, l'artiste Danae Stratou vous invite à apporter votre pierre à l'édifice en répondant en UN MOT à une simple question. Plus d'informations ici.

Horaires :
Du 12 au 25 janvier
De 14h à 20h du mardi au samedi
De 14h à 18h le dimanche
Fermé exceptionnellement le mardi 17 janvier
Du 26 au 29 janvier
De 14h à 22h les jeudi 26 et vendredi 27 janvier
De 12h à 18h le dimanche 29 janvier

Call-A-Spy par Peng!

Appelez en direct des agents du renseignement et posez toutes vos questions à ceux qui vous écoutent

PENG!

Le collectif Peng! est un groupe d'activistes, artistes et scientifiques qui utilisent la « culture jamming », les hacks médiatiques et des tactiques de campagnes non conventionnelles pour promouvoir la désobéissance civile et provoquer des changements dans le discours public.

Call-A-Spy

Ils savent tout de nous mais nous ne savons rien d'eux. Désormais, vous pouvez changer cette situation. Call-A-Spy vous permet d'appeler des agents des services secrets, de découvrir qui ils sont, pourquoi ils ont fait de l'espionnage leur gagne-pain et ce qu'ils pensent de Pokémon Go.

Call-A-Spy utilise les technologies modernes afin d'établir une connexion avec l'un des milliers d'employés des services secrets au Canada, en France, en Allemagne et aux Etats-Unis. Le dispositif offre une opportunité unique pour les citoyens d'entamer un dialogue avec les gens qui les surveillent. Les appels transitent à travers un réseau privé virtuel (VPN) qui permet d'en masquer l'origine. Ils ne sont pas enregistrés.

Call-A-Spy a été produit par le collectif Peng! avec l'aide et les contributions de Tatiana Bazzichelli, Brandon Bryant, Nighat Dad, Pia Eisenträger, Emily Jeffries, Ben Korta, Alisa Tretau, Yehudit Yinhar, Jérémie Zimmermann, The Centre for Investigative Journalism, Intelexit, Anonymous en personne et de nombreux espions anonymes.

Le Collectif Peng! présentera aussi une performance, Call-A-Spy-Show.

Delivery for Mr. Assange par !Mediengruppe Bitnik

Découvrez le contenu et le parcours de l'étrange colis que le collectif !Mediengruppe Bitnik a envoyé au lanceur d'alerte Julian Assange.

!MEDIENGRUPPE BITNIK

!Mediengruppe bitnik, alias Carmen Weisskopf (Suisse, 1976) et Domagoj Smoldjo (Croatie, 1979), sont des artistes contemporains installés à Berlin qui travaillent sur et avec Internet. Leur pratique déborde du monde numérique pour affecter l'espace physique. Ils utilisent le hacking comme une stratégie artistique. Leur travail questionne le familier pour permettre de nouvelles lectures critiques des structures et mécanismes établis de pouvoir.

Delivery for Mr. Assange

Le 16 janvier 2013, !Mediengruppe Bitnik envoyait un colis un peu spécial à Julian Assange, l'un des fondateurs de la plateforme de whistleblowing WikiLeaks, confiné dans l'ambassade d’Équateur à Londres. Le carton expédié était percé pour permettre à la caméra d'un smartphone bricolé de prendre une photo toutes les dix secondes et de l'uploader sur un compte Twitter.

Trente-six heures plus tard, le paquet envoyé d'un bureau de poste de Hackney finit par arriver jusqu'à l'ambassade sous haute surveillance. Julian Assange apparaît alors et égrène des messages face à la caméra : « Welcome to Ecuador », « Free Chelsea Manning » ou encore « Transparency for the State. Privacy for the rest of us ». Six mois auparavant, le 19 juin 2012, Julian Assange pénétrait dans l’ambassade d’Équateur à Londres pour y déposer une demande d’asile politique. Il n’en ressortira pas. Sous le coup d'un mandat d'arrêt européen lancé par la Suède pour une affaire d’agression sexuelle, il a trouvé refuge dans cette zone d'immunité diplomatique, afin d'éviter son extradition aux États-Unis, où il risque des poursuites et une lourde condamnation pour espionnage et divulgation de documents confidentiels militaires et diplomatiques.

Wikileaks a mis en lumière une nouvelle forme de whistleblowing. S'appuyant sur une puissante cryptographie pour dissimuler les identités des personnes à l'origine des fuites, le site s'est donné comme principale tâche de sécuriser l'anonymat de ses sources.

L'installation documente le périple du colis à travers les arcanes d'un des plus anciens réseaux de communication.

Assange’s room par !Mediengruppe Bitnik

Entrez dans la chambre du fondateur de Wikileaks, reclus dans l'ambassade d'Equateur à Londres.

!MEDIENGRUPPE BITNIK

Assange's room

Suite à l'envoi de leur colis, !Mediengruppe Bitnik a fini par rencontrer physiquement Julian Assange, reclus depuis l’été 2012 dans cette petite pièce de l’ambassade d’Équateur, sans aucune possibilité d’en sortir sous peine d’être arrêté par la police britannique. Ils ont reproduit à l'échelle 1 le bureau qu'il occupe depuis quatre ans.

Une réplique faite de mémoire, les photos étant interdites, comme un "leak" dans l'espace physique. Le collectif invite le public à entrer dans le monde clos où Assange est retenu en « détention arbitraire » selon le groupe de travail de l’ONU. Incarnation du centre nerveux de WikiLeaks, cet espace présenté comme un décor à l’envers brut, permet de faire l’expérience de la claustration du plus célèbre des hacktivistes. La chambre victorienne de 20m2 est la manifestation physique des conflits qui ont émergé autour d’Internet et de la libre circulation de l’information. En contraste avec la liberté de mouvement limitée d'Assange, les artistes ont créé un espace où les visiteurs peuvent aller et venir à leur guise.

Les artistes pointent également le contraste entre l'ambassade à l'accès très limité et les quelques mètres carrés depuis lesquels WikiLeaks continue d'atteindre des millions de personnes dans le monde. L’installation intègre Skylift, un émulateur de géolocalisation créé par Adam Harvey qui transporte virtuellement les visiteurs dans l’ambassade londonienne. Le dispositif retransmet des signaux Wi-Fi qui exploitent l’utilisation par les smartphones des adresses MAC environnantes dans le processus de localisation. Une fois en contact avec Skylift, les smartphones des visiteurs sont approximativement localisés au 3 Hans Crescent, Knightsbridge, Londres. De là, il est possible de partager des photos qui seront taggées avec les coordonnées GPS de l’ambassade d’Équateur à Londres.

Chelsea’s Wall par !Mediengruppe Bitnik

Les murs de la Gaîté offrent à Chelsea Manning, lanceuse d'alerte emprisonnée aux Etats-Unis, un espace d'expression hors du commun.

!MEDIENGRUPPE BITNIK

Chelsea's Wall

C’est avec la mise en ligne de la vidéo Collateral Murder, un raid aérien américain sur Bagdad montrant des civils, et notamment deux correspondants de l’agence Reuters, tués en pleine rue par des hélicoptères, que WikiLeaks acquiert en 2010 une audience mondiale. Les enregistrements vidéo classés ont été transmis par Bradley Manning, officier américain et analyste du renseignement basé en Irak. En 2012, Bradley Manning a été reconnu coupable d’espionnage par la cour martiale et lourdement condamné à trente-cinq ans de réclusion dans une prison militaire.

En avril 2015 Bradley Manning, qui a changé entre temps d’identité pour devenir Chelsea, a publié son premier tweet de la prison militaire de Fort Leavenworth au Kansas, où elle est emprisonnée. Bien qu'on lui refuse l'accès à Internet, elle a pu tweeter régulièrement par l’intermédiaire de son avocat. Avec Chelsea's Wall, !Mediengruppe Bitnik amplifie la voix de Manning en projetant dans l’espace public ses tweets qui parlent du sort des lanceurs d'alerte, de la vie en prison et de ses transformations physiques pour devenir une femme. « Hors des flux tumultueux et incessants des médias sociaux, ses tweets peuvent être lus pour ce qu'ils sont : une pensée politique, une explosion d'émotion, un appel à l'action et une invitation à ne jamais se rendre. ».

It's Time to open the black boxes par Danae Stratou

Ouvrez les boîtes noires ! Découvrez ce qui est en besoin urgent d'être protégé ou représente une menace immédiate.

Danae Stratou

L'artiste, née en Grèce, réalise des installations de grande échelle en extérieur et en intérieur. Dans ses oeuvres, elle recourt à différents médias, des éléments naturels aux technologies numériques comme la vidéo, la photographie, le son, le texte, l’architecture, afin de créer des environnements et installations audiovisuelles tactiles. En 2010, elle a initié et co-fondé Vital Space, une plate-forme artistique, globale, interdisciplinaire et cross-média. Elle a représenté la Grèce à la 48eme biennale de Venise en 1999.

It's Time to open the black boxes

Il est facile de tomber dans un état de paralysie provoqué par la peur. Ce projet initié par Danae Stratou est une réaction à cette perspective. L'artiste basée à Athènes nous invite à proposer un mot qui exprime le mieux ce qui nous effraie, nous menace le plus ou ce qui a un besoin urgent d'être protégé. En joignant nos « voix », le projet souhaite apporter une réponse collective à une situation actuelle. Les mots collectés sont encapsulés dans cent boîtes noires, révélant simultanément nos peurs et espoirs lors de leur ouverture le 11 janvier.

Le parallèle avec les boîtes noires des avions, qui permettent de comprendre les raisons d'un accident a posteriori est volontaire, tout comme l'allusion à l'opacité des algorithmes qui nous gouvernent. « Nous ne devrions pas ouvrir ces boîtes noires lorsque le crash a déjà eu lieu mais en amont, afin de pouvoir en discuter et corriger le cours des événements sociaux et politiques avant que la catastrophe n'arrive », dit l'artiste. Elle s'intéresse à la manière dont l'art associé aux technologies est susceptible d’initier des discussions publiques par le développement de modèles et pratiques de démocratie directe.

Le projet a été inauguré à Athènes en Grèce en 2012. Il a depuis voyagé à Krems en Autriche en 2016 et Paris est sa prochaine étape en 2017. L'appel à participation est réactivé à chaque fois que le projet s'implante dans une nouvelle ville, pour une période de un à trois mois précédant l'exposition via un site web. Ainsi, les Black Boxes révèlent les préoccupations propres à chaque endroit. En Grèce, le mot dignité est celui qui est revenu avec le plus d'insistance alors qu'en Autriche s'exprimait plutôt la volonté de préserver les valeurs traditionnelles.

Danse Post-Internet Dance par (LA)HORDE

(LA)HORDE inaugure sa collection des plus belles vidéos de jumpstyle.

(LA)HORDE

Collectif d'artistes composé de Jonathan Debrouwer, Arthur Harel et Marine Brutti, LA(HORDE) jette des ponts entre les disciplines artistiques pour « faire parler les corps », sur scène ou sur Internet. Ils développent leur pratique à travers la mise en scène, la réalisation de films, l’installation vidéo, la création chorégraphique et la performance.

Danse Post-Internet Dance

©Vinciane Lebrun-Verguethen / Voyez-vous

(LA)HORDE présente une version bêta de sa plateforme consacrée à la « danse post-Internet ». Internet, en ouvrant un nouvel espace d'expression a amené les particuliers à se filmer chez eux, dans leur intimité, mais aussi dans l'espace public, en train de danser, de répéter des gestes, d’expérimenter ou de créer des tutoriels pour ensuite les partager sur des plateformes dédiées à la vidéo.

Cette pratique s'est développée grâce et essentiellement sur les réseaux sociaux et en particulier Youtube, ce qui a pu déplacer certaines danses de clubs, pour ensuite parfois y revenir, augmentées, différemment. Les artistes du collectif ont commencé à collectionner ces danses qui, au gré des partages et de leur circulation sur le réseau, se sont teintées de spécificités culturelles ou géographiques. Pour cette première étape, le collectif propose une curation consacrée au différentes danses issues du mouvement Hardstyle (Jumpstyle, Hakken, Shuffle, Tekstyle...), des danses urbaines nerveuses qui se pratiquent entre 150 et 190 bpm, tout en jeux de jambes et combinaison savante de bonds, dont la plupart est née en Belgique à la fin des années 1990 au son de la musique techno hardcore. Danses 2.0 aux racines nord-européennes, elles se pratiquent désormais de Chicago à Los Angeles en passant par Singapour. Les danseurs autodidactes, après s'être fait la jambe derrière leurs webcams, s'affrontent également IRL (dans la vraie vie) lors de battles, de ligues et de rencontres mondiales.

« Internet par son horizontalité permet l’émergence de contenus inattendus et la propagation de mouvements d'une manière naturelle et virale. L'outil que nous cherchons à mettre en place n'est pas une manière de créer un catalyseur à l’institutionnalisation de ces danses, mais de trouver un lieu pour les accueillir et de créer une antichambre virtuelle avec une porosité vers le réel qui permette de respecter les auteurs, les "whistleblowers" du mouvement, qui offrent une visibilité en captant dans le monde réel des gestes qu'ils font exister sur des plateformes de diffusion de vidéo. »

À l'occasion de Lanceurs d'alerte, (LA)HORDE activera cette collection virtuelle par une série de performances dans les espaces de la Gaîté Lyrique. 

Performances de (LA)HORDE :
Samedi 28 janvier de 17h à 20h
Dimanche 29 janvier de 14h à 18h

Ressources

A cette occasion, ARTE propose une sélection de reportages du magazine TRACKS et un dossier d’ARTE info qui vous invite à visiter les bas-fonds du web, rencontrer des ‘hacktivistes’ ou encore s’interroger sur le rôle des services secrets ou les lois censées protéger les whistleblowers. 

Autres événements du festival « Lanceurs d'alerte »

Installation
Lanceurs d'alerte

Lanceurs d'alerte

parcours d'installations

Ce Grand Format vous invite à vous glisser dans la peau d’un « whistleblower » à travers six installations.

  • dimanche 29 janvier 2017 à 14h00
  • samedi 28 janvier 2017 à 14h00
  • vendredi 27 janvier 2017 à 14h00
Spectacle
Call-A-Spy Show

Call-A-Spy Show

Peng!

Une parodie de jeu télévisé improvisé pour découvrir ceux qui nous mettent sur écoute

  • Le jeudi 26 janvier à 19h et le vendredi 27 janvier à 21h
Projection
Citizenfour

Citizenfour

Laura Poitras

Quand la réalité se fait plus palpitante que la fiction: CITIZENFOUR retrace sous forme de documentaire le moment où Edward Snowden a décidé de sacrifier sa vie pour celle de ses concitoyens.

  • samedi 14 janvier 2017 à 18h30
  • dimanche 29 janvier 2017 à 14h00
  • samedi 28 janvier 2017 à 14h00
  • vendredi 27 janvier 2017 à 14h00
  • jeudi 26 janvier 2017 à 14h00
  • mercredi 25 janvier 2017 à 14h00
  • mardi 24 janvier 2017 à 14h00
  • dimanche 22 janvier 2017 à 14h00
  • samedi 21 janvier 2017 à 14h00
  • vendredi 20 janvier 2017 à 14h00
  • jeudi 19 janvier 2017 à 14h00
  • mercredi 18 janvier 2017 à 14h00
  • dimanche 15 janvier 2017 à 14h00
  • samedi 14 janvier 2017 à 14h00
  • vendredi 13 janvier 2017 à 14h00
  • jeudi 12 janvier 2017 à 14h00
  • mercredi 11 janvier 2017 à 14h00