Féral

Mis à jour le 09.03.2020


Un animal féral est un animal domestique retourné à l'état sauvage. De la même manière, une plante dite férale est une plante échappée des cultures et naturalisée. Dans son Feral Atlas, Anna Lowenhaupt Tsing répertorie ces espèces férales, végétales ou animales, qui se sont acclimatées et développées dans les friches urbaines ou industrielles. Elles forment aujourd'hui une "troisième nature", avec laquelle l'homme doit apprendre à cohabiter.

Définition de Matthieu Duperrex, artiste et philosophe invité à la Gaîté Lyrique à l'occasion du projet Exploration du paysage féral, dans le cadre du cycle Recherches à découvert.


Féral se dit généralement d’un animal qui a quitté la condition domestique, s’est "réensauvagé" pour ainsi dire. Mais si l’on suit l’anthropologue Anna Tsing, qui élargit d’ailleurs l’expression à tout type d’organisme – dont les végétaux, les bactéries ou virus –, il y a deux polarités à cet affranchissement des non-humains vis-à-vis de l’univers de contrôle des humains. L’une peut être considérée comme positive dans notre relation à l’environnement : un délaissé urbain, une friche, se revitalise, des végétaux et des animaux reconquièrent d’anciens sites dévastés par l’exploitation productiviste des humains, comme les mines par exemple. L’autre développement féral est négatif ou du moins dangereux pour un certain nombre d’existants. Ce sont par exemple des pestes ou agents pathogènes (le phytophthora par exemple) qui se sont développés grâce à la mécanisation et à l’industrialisation agricole et qui contaminent de nouveaux territoires d’élection à la faveur de la globalisation des échanges.