Projection

J comme Jeu

Mercredi 10 Juillet 2013 à 19h30
Une séance conçue comme un jeu autour des notions de liberté et de hasard.

Un abécédaire d'œuvres vidéos, filmiques et multimédias...

Un abécédaire d'œuvres vidéos, filmiques et multimédias...

Chaque mois, Moving_image propose un éclairage critique et prospectif sur ce domaine aux frontières mouvantes, où convergent à la fois un questionnement esthétique, social et politique de notre époque, et des enjeux liés à l’évolution des modes de production et de diffusion. Transversales et ouvertes, les séances se déroulent en présence d'artistes invités qui parlent de leur travail et de leurs recherches, ainsi que d'intervenants chroniqueurs qui apportent un regard singulier ou décalé sur la séance.

La forme de chaque séance est elle-même questionnée, redéfinie avec les artistes présentés, afin d'explorer d’autres possibilités de relations avec le public présent ou en ligne, la possibilité d’autres modes de réception et d’expérience collective des œuvres.

Un cycle proposé par Nathalie Hénon et Jean-François Rettig.

AU PROGRAMME

Les artistes réinterprètent et détournent le jeu, notamment vidéo, explorent l'interstice réel ou numérique. Une séance conçue elle-même comme un jeu. Le hasard et le public en décident le déroulement.

Jaime Davidovich, Gordon Matta Clark : Reality Properties : Fake Estates (Vidéo, noir et blanc, 7 min., 1974-1975)

Jodi : Max Payne Cheats Only (Création numérique, couleur, [extrait] 5 min., Pays-Bas, 2006)

Joan Leandre : In the Name of the Kernel Series - Magic Line (Création numérique, couleur, 22 min. 54s., Espagne, 2011)

Baden Pailthorpe : Formation V (Création numérique, couleur, [extrait] 5 min., Australie, 2011)

Benjamin Nuel : L’Hôtel (Vidéo, couleur, 10 min., 2008)

Axel Stockburger : White Transformer (Vidéo, couleur, 7 min. 16s., Autriche, 2011)

Raphael Siboni, Fabien Giraud : Friendly Fire (Vidéo, couleur, 11 min. 14s. , France, 2007)

Federico Solmi : Douche Bag City (Animation, couleur, 8 min., Italie/USA/Australie, 2009)

 

DETAIL

 

Jaime Davidovich / Gordon Matta-Clark : Reality Properties - Fake Estates (Vidéo, noir et blanc, 7 min., 1974-1975)

Dans ce projet, élaboré dans les années 1973-1974, Gordon Matta-Clark aborde les questions de la propriété, des biens immobiliers, et des espaces urbains. Matta-Clark achète alors quinze parcelles de terrain mises aux enchères par la ville de New-York. Elles sont petites, discontinues, et de taille inutilisable, du type de celles qui sont appelées les ‘espaces caniveau’. Matta-Clark a réuni un grand nombre de matériaux d’archive liés à ces propriétés, mais il n’a jamais pu réaliser l’ensemble de son projet artistique, et à sa mort, les lots sont revenus à la ville. Tournées par Jaime Davidovich, pionnier de l’art vidéo et des débuts de la télévision, les séquences de cette vidéo montrent Matta-Clark dans le quartier des Queens, alors qu’il documente et visite ses parcelles.

Jodi : Max Payne Cheats Only (Création numérique, couleur, [extrait] 5 min., Pays-Bas, 2006)

Pour cette pièce, JODI a opéré des modifications sur le jeu vidéo "Max Payne", jeu ultra violent dans lequel le personnage doit tuer un grand nombre de malfrats sur sa route. JODI a compilé à partir du jeu toute une série de "cheats". Ces trucages sont des altérations du comportement d'un jeu vidéo. Ils sont souvent construits dès l'origine par les programmateurs eux-mêmes, pour aider les joueurs qui se trouvent dans une impasse. JODI est intervenu dans la structure du programme de manière telle que des perspectives absurdes et certains effets altèrent le graphisme réaliste du jeu : nous voyons le héros massif répéter des mouvements absurdes. Ce retraitement peut être lu comme une interprétation libre de l'effet temporel d'ultra rapidité qui distingue Max Payne des autres jeux, les mouvements lents permettant une nouvelle perception de l'espace et du temps.

JODI est formé par deux artistes, Joan Heemskerk (Pays-Bas) et Dirk Paesmans (Belgique). Ils sont pionniers du net art, après avoir été parmi les premiers artistes à créer des oeuvres en ligne, dans les années 90. Ils explorent et subvertissent les conventions de l’internet, des logiciels informatiques et des jeux vidéo. Le travail de JODI a été présenté notamment, à la Documenta X, au ZKM (Karlsruhe), au Netherlands Media Art Institute Montevideo (Amsterdam), au Guggenheim Museum (New York), au FACT Centre (Liverpool), au Glasgow Centre for Contemporary Art, au Stedelijk Museum (Amsterdam)..

 

Joan Leandre : In the Name of the Kernel Series - Magic Line (Création numérique, couleur, 22 min. 54s., Espagne, 2011)

"The Magic Line", la troisième pièce de la série "In the Name of Kernel" qui regroupe des vidéos produites à partir de logiciels dont Joan Leandre a modifié les paramètres. Elles transforment une machine à produire du réel en une machine à produire une illusion, et proposent au spectateur une fiction narrative complexe dans laquelle il peut décoder les mécanismes de la fascination technologiques à laquelle nous sommes habituellement soumis, mécanismes qui vont ensuite conditionner notre perception du monde.

Joan Leandre vit et travaille à Barcelone. Depuis 2006, le travail de Joan Leandre réside essentiellement sur l’analyse et la déconstructionde jeux video, de logiciels de simulation ou d’entrainement militaire. Son travail a été montré au Sonar festival, Barcelone, au Transmediale, Berlin ; à la Whitney Biennial du Whitney Museum of American Art, New York, au Centre d’art contemporain Laboral, Gijon, à la biennale de Moscou, et au ZKM, Karlsruhe.

Baden Pailthorpe : Formation V (Création numérique, couleur, [extrait] 5 min., Australie, 2011)

En utilisant un simulateur de guerre en Afghanistan, "Formation V" explore l’esthétique et la dynamique des mouvements du corps militaire. Dans ce travail, deux forces opposées, les soldats américains et les combattants talibans, suivent les points d’un cheminement invisible, les uns à côté des autres. Sans réaction à la présence de l’autre, en raison du piratage et de la réécriture des paramètres du jeu, la violence habituelle de leur relation est transformée en un rythme poétique qui répète et amplifie les mouvements des avatars. 

Baden Pailthorpe vit et travaille en Australie, il est artiste, écrivain et curateur. Son travail interroge le potentiel politique et conceptuel des technologies et des contenus culturels. Son travail a notamment été expossé au New Sydney Art ARTSPACE (Australie), FILE 2012 à Sao Paulo (Brésil), au Telfair Museum of Art à Savannah (USA).

Benjamin Nuel : L’Hôtel (Vidéo, couleur, 10 min., 2008)

Construit sur l'idée du FPS, First Person Shooter, "L'Hôtel" est un jeu vidéo où toutes les armes ont cédé la place à une lourde absence d'hostilité. En observateur distant, le joueur découvre alors les protagonistes de cette expérience vidéo ludique, aux occupations insolites. Un terroriste joue de l’ukulélé, plus loin un CRS dessine l'espace à la fumée de sa cigarette. Dans un salon aux bruits sourds de cheminée, derrière une porte vitrée, trois terroristes jouent aux cartes…

Né en 1981, Benjamin Nuel a étudié aux Arts Déco de Strasbourg et au Fresnoy. Sa réflexion s'oriente aujourd'hui vers des formes de narration non-linéaires, utilisant la 3D en temps réel et les codes du jeu vidéo. Il a été diffusé et exposé dans des manifestations comme le Festival de Locarno, le Festival Nouveau Cinéma de Montréal ou le Musée d'Art Moderne de la Ville de St Etienne.

Axel Stockburger : White Transformer (Vidéo, couleur, 7 min. 16s., Autriche, 2011)

Cette vidéo traite du phénomène cosplay en Chine et de l’acte de transformation d’un homme ordinaire en un personnage de fiction. Le théoricien français Gabriel Tarde disait que pour comprendre ce qu’est le social il fallait s’attarder sur la notion d’imitation. La culture cosplay est un exemple parfait pour cette approche, puisque les fans interagissent entre eux sur la base de signes globaux qui émergent des produits de l’industrie culturelle, lorsqu’ils s’approprient des personnages de franchises de vidéos et de jeux.

Axel Stockburger vit et travaille à Vienne en Autriche. Il a étudié à l’Université des arts appliqués de Vienne avec Peter Weibel et à l’Université des arts de Londres où il a réalisé une Thèse. Ces dernières années, son travail a été exposé notamment au Musée d’art modern de Salzburg et à la Kunsthalle de Vienne (Autriche), au Guggenheim Museum de Bilbao (Espagne), au Para/Site Art Space à Hong Kong (Chine), au Turner Contemporary Art Centre (Royaume-Uni).

Raphael Siboni, Fabien Giraud : Friendly Fire (Vidéo, couleur, 11 min. 14s. , France, 2007)

Pendant une journée entière, Fabien Giraud & Raphaël Siboni ont organisé, scénarisé et orchestré un rassemblement de joueurs d’airsoft dans une des salles du Palais de Tokyo. Il s’agissait de confronter les joueurs à une partie infinie et bouclée sur elle-même, dont les paramètres et les règles étaient continuellement mouvants. Le friendly fire, notion à la base du projet des artistes, est un terme militaire qui désigne le fait de tirer, accidentellement ou non, sur une personne de son propre camp. Cette confusion propre au friendly fire paralyse le soldat joueur, en un état de confusion et de doute constant. Le projet consiste à transposer à l’échelle collective du conflit l’état mental individuel du soldat, incapable de discerner le camp ennemi du camp ami, toujours sur le point de commettre un friendly fire ou d’en être la victime. C’est l’élément paranoïaque à l’intérieur d’un conflit, la zone floue ou s’estompe toute position rassurante au sein du groupe.

Fabien Giraud et Raphael Siboni vivent et travaillent à Paris. Leur collaboration a débuté en 2007 à l’ENSAD et au Fresnoy. D'un questionnement initial sur les communautés contemporaines et les modes d'individuation qui les travaillent, leur démarche s'ouvre progressivement à une redéfinition systématique de la notion même d'expérience artistique. Ils ont participé à de nombreuses expositions en France et à l'étranger, notamment à la Biennale de Lyon, au Palais de Tokyo, à la Biennale de Santa Fe, La Force de l'Art et la Biennale de Moscou.

Federico Solmi : Douche Bag City (Animation, couleur, 8 min., Italie/USA/Australie, 2009)

"Douche Bag City" est une installation vidéo d’un film composé de 24 dessins. Il a été conçu par l'artiste pour être une satire de la crise économique mondiale actuelle. Le personnage principal Dick Richman est un salarié cupide, malhonnête et égoïste de Wall Street, qui a été banni à Douche Bag City. Douche Bag City est une place désespérée, où les bandits voraces sont emprisonnés pour leurs atrocités engagées contre la communauté. Le but ultime du protagoniste Dick Richman est de réchapper à différents conflits. Mais ce dessin animé conçu comme un jeu vidéo a été imaginé pour que Dick Richman ne puisse pas gagner.

Federico Solmi est né à Bologne, et vit et travaille à New York. Son travail combine différents médias comme la vidéo, le dessin, la sculpture et la peinture, et développe une esthétique satirique pour dépeindre une vision critique de notre société. Son travail a notamment été exposé au Centre Pompidou et au Musée National Reina Sofia dans le cadre des Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid, au National Center for Contemporary Art à Moscou, au Center of Moving Images de Melbourne, au Palazzo Delle Arti à Naple.

tarif

5€ / 3€/ gratuit*
lieu: 
Auditorium
public: 
Tout public

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