La pédagogie informelle pour comprendre le monde : 1 saison, 3 questions, 770 participants

Ateliers partagés : les projets d’éducation artistique et culturelle de la Gaîté Lyrique

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La pédagogie informelle pour comprendre le monde : 1 saison, 3 questions, 770 participants

À La Gaîté Lyrique, parce que nous explorons les nouvelles formes artistiques et culturelles créées ou transformées par internet et les nouvelles technologies, et parce que 45% de nos publics ont moins de 30 ans, nous imaginons sans cesse de nouveaux chemins d’accès vers la connaissance. C’est en aménageant des espaces d’échange et de co-création, d’apprentissage et d’expérimentation, notamment à travers nos actions d’éducation artistique et culturelle, que nous tentons d’ouvrir le champ des possibles pour les futures générations de citoyen·nes.

Quels enfants pour inventer le monde de demain ?

On les appelle “digital natives” ou encore “petits poucets”, parce que leurs pouces n’ont jamais autant servi que sur leurs smartphones... Certains et certaines disent de cette génération qu’ils et elles apprennent plus vite, et que leurs cerveaux sont plus réactifs, plus aptes à synthétiser un grand nombre d’informations, plus adaptés au travail collaboratif. Mais en réalité, cette idée, aussi enthousiasmante soit-elle, est souvent battue en brèche
par les constats du terrain : les jeunes peinent à dominer les compétences informatiques les plus rudimentaires, éprouvent des difficultés considérables à traiter la masse d’informations venue du web, et seulement une part infime de leur temps numérique est consacré à une activité créative, comme tenir un blog, coder, ou encore faire de la musique...

L’éducation du 21e siècle ne peut faire l’impasse sur les formidables potentialités qu’offre l’environnement numérique, ni sur l’incroyable révolution des usages qu’il entraîne. Mais comment tenir compte des nouveaux biais qu’il induit ? Et comment accompagner les plus jeunes pour qu’il soit synonyme d’apprentissage et d’encapacitation ?

À la Gaîté Lyrique, parce que nous explorons les nouvelles formes artistiques et culturelles créées ou transformées par internet et les nouvelles technologies, et parce que 45% de nos publics ont moins de 30 ans, nous imaginons sans cesse de nouveaux chemins d’accès vers la connaissance. C’est en aménageant des espaces d’échange et de co-création, d’apprentissage et d’expérimentation, que nous tentons d’ouvrir le champ des possibles pour les futures générations de citoyens et citoyennes. Avec les artistes pour guides, nous proposons à nos publics, et notamment aux scolaires, de venir faire l’expérience sensible de nouvelles pratiques artistiques, en les initiant aux outils de création numérique. Nous cherchons à éveiller la curiosité, à provoquer l’émerveillement, à solliciter les intelligences multiples. À faire comprendre, aussi, que le monde numérique n’est pas seulement une source de divertissement, mais également d’outils pour développer le goût de l’innovation et de la création.

Aussi, cette saison 2020-2021 aura été bouleversée par la crise, mais nous l’avons traversée en menant ensemble de nombreux projets. Ceux-ci ont pris des formes diverses – création d’une web-série, de podcasts, d’un jeu immersif inspiré du voguing... – à l’image de la programmation de la Gaîté Lyrique. Certains de ces projets ont ciblé un public francilien, tandis que d’autres avaient vocation à rayonner à l’échelle européenne. Presque tous ont dû être réinventés pour s’adapter aux conditions exceptionnelles qui nous ont été imposées, et nous n’avons pas pu nous rassembler pour partager, ensemble, le fruit de cette année de travail collaboratif lors du festival Ateliers Partagés. Nous tenions toutefois, avec cette publication, à présenter ces projets et à remercier l’ensemble des “petits poucets”, ainsi que leurs équipes enseignantes, les artistes, ainsi que nos partenaires, sans qui ces projets n’auraient pu exister. Merci !

Laëtitia Stagnara
Directrice générale de la Gaîté Lyrique, établissement culturel de la Ville de Paris



3 questions à...

La Directrice artistique de la Gaîté Lyrique, Jos Auzende, et la Directrice des publics, Anne Le Gall, racontent leur approche de l’éducation artistique et culturelle. Une mission pensée en collaboration sur le terrain, au plus près des écosystèmes pédagogiques.

Quel est le rôle éducatif d’une institution comme la Gaîté Lyrique dans un monde où le numérique est chaque jour plus présent ?

Anne Le Gall - C’est une question que se posent toutes les structures culturelles à travers leurs programmes d’éducation artistique et culturelle (EAC). Notre rôle, en tant qu’institution, est d’être une interface entre l’éducation formelle – l’école, les partenaires éducatifs – et l’espace personnel – la famille, les amis –, pour construire une pédagogie informelle à travers l’art et la culture. Une spécificité de la Gaîté Lyrique, c’est la place du numérique qui vient profondément modifier le rapport entre institutions et usagers, et permet à chacun de trouver son chemin vers la connaissance de façon plus horizontale, en développant des compétences nouvelles.

Jos Auzende - Effectivement, les technologies numériques créent de nouveaux liens entre les individus et modifient notre façon de créer, de communiquer, d’apprendre et de travailler. Au-delà de leurs possibilités techniques, elles représentent un enjeu citoyen prioritaire en termes de démocratie et de partage des connaissances. Si des expérimentations empiriques liant arts, recherches et technologies font aujourd’hui partie intégrante des pratiques artistiques numériques, elles demeurent coûteuses, et réservées à des publics limités. La Gaîté Lyrique souhaite offrir aux enfants, aux adultes et aux professionnels qui les accompagnent des possibilités innovantes de s’approprier le monde contemporain et les changements en cours.

 

En quoi la Gaîté Lyrique propose-t-elle des expériences pédagogiques uniques en leur genre ?

Jos Auzende - La Gaîté Lyrique se définit comme un banc d’expérimentation et de production de contenus créatifs et pédagogiques visant à enrichir le répertoire artistique de dispositifs innovants. Avec Internet a démarré une ère de savoirs accessibles à tous, qui valorise l’intelligence collective et porte un regard renouvelé sur la propriété et le partage. La culture de l’open source qui s’est développée avec les pratiques en ligne réactualise les manières de travailler et de produire.

Anne Le Gall - La Gaîté Lyrique explore les cultures post-internet, des pratiques culturelles transformées par le numérique qui ne sont pas encore dans l’establishment. Nous observons de nouvelles pratiques émerger et nous en rendons compte. En EAC, cela permet de créer des projets inattendus, qui font de la place à différentes représentations du monde, à la fois inclusives et encapacitantes. Parallèlement, comme Jos le souligne, nous développons des pratiques open source, notamment à travers la création d’ateliers réplicables et partageables. Nous initions ou rejoignons des projets de coopération internationale, européenne ou plus locale, pour mettre en partage et nourrir nos pratiques.

 

Comment s’inventent les projets pédagogiques menés par la Gaîté Lyrique ?

Anne Le Gall - L’impulsion initiale peut venir de la Gaîté Lyrique comme d’un enseignant ou d’un artiste. Dans le cadre de l’EAC, dont les projets sont pilotés par Lola Pinel et Julia Kamieniak, Chargées de relations avec les publics, c’est un véritable triptyque de collaboration qui s’installe. Sans compter un quatrième pilier hors champ : l’institution qui vient financer et donner des cadres d’action. D’abord la Ville de Paris et ses différentes directions, qui fixent des objectifs. Et puis la DRAC, le Rectorat, la Région Ile-de- France, les Conseils départementaux... Ces partenaires sont des interlocuteurs essentiels pour construire les projets les plus justes en fonction des territoires et des publics. Parallèlement, Théo Kuperholc construit un programme d’ateliers pour enfants et adultes, en réunissant artistes (dont certains sont accueillis en résidences de médiation) et communautés de pratique. En parallèle, nous collaborons avec des chercheurs, avec qui nous documentons et objectivons certaines de nos actions, et à qui nous proposons un terrain d’expérimentation.

Jos Auzende - L’émergence d’une culture du “co” (collaboration, co-conception, co- working), liée aux valeurs du numérique, est propice à la réinvention de notre rapport à la culture, au travail et à la création. À la Gaîté Lyrique, nous explorons avec nos partenaires, avec les artistes, avec les publics, des manières innovantes de faire ensemble, de s’initier de pair-à-pair, d’explorer des solutions open source, de produire collectivement des savoirs, et de démultiplier leur partage. L’usage créatif des technologies déploie de nouveaux horizons pour les générations qui grandissent aujourd’hui.


Ateliers partagés 2020-2021 : vingt-trois projets à découvrir

Cette saison 2020-2021 aura été une nouvelle fois bouleversée par la crise, mais nous l’avons traversée en menant ensemble de nombreux projets. Ceux-ci ont pris des formes diverses - création d’une web-série, de podcasts, d’un jeu immersif inspiré du voguing... - à l’image de la programmation de la Gaîté Lyrique. Et si le festival Ateliers partagés, temps fort de restitution d’une année de travail, n’a pas pu avoir lieu, nous souhaitions en rendre compte, et donner la parole à celles et ceux qui font les projets, en ligne et dans une brochure dédiée.

 


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Télécharger la brochure Ateliers partagés 2020-2021

 

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